Histoires de palmiers

On accorde au palmier une existence de plus de quatre-vingt-cinq millions d’années, ce qui fait de lui un des plus anciens végétaux de la terre. Il a survécu au règne des dinosaures. Il a vu la disparition d’un nombre incalculable d’espèces de la faune et de la flore au cours de son évolution, en attendant d’accueillir l’homme lors de son apparition tardive sur notre planète.

Depuis toujours, l’homme l’a adopté et l’a utilisé pour sa nourriture et sa protection. Le palmier est devenu ainsi symbole de vie et, à ce titre, un élément important de manifestations culturelles et religieuses de tous les peuples dans les régions où il pousse naturellement.

Palmiers

APalmiersu XIXème siècle, on estimait qu’un tiers des hommes du monde entier vivait grâce aux palmiers. Depuis, l’évolution des sociétés, des communications, l’industrialisation, l’augmentation des populations ont fait naître dans la tête des hommes des idées de rentabilité sur ce patrimoine de l’Humanité que représentent les forêts primaires, les détruisant parfois à plus de 90 %. Certaines espèces de palmiers ont irrémédiablement disparu pour faire place, notamment, à la plantation massive en monoculture de palmiers « économiques » : le cocotier et le palmier à huile. Parmi celles disparues, en aurait-il été d’utiles à l’homme ?

L’évaluation du nombre de genres et d’espèces varie selon les auteurs ; on admet généralement que la famille peut dénombrer environ 3 000 espèces regroupées en près de 240 genres.

La famille des palmiers a dû s’adapter à des conditions très diverses sur tous les continents et détient beaucoup de records de Dame Nature :

- la plus grande feuille de la nature est celle du Raphia regalis d’Afrique qui peut atteindre 25 m de longueur.- la plus grande inflorescence du règne végétal est celle du Corypha umbraculifera qui, avec plus de 6 m de haut, produit plus de 24 millions de fleurs.Palmiers- La plus haute  plante (non branchue) du royaume végétal est le palmier cire des Andes, le Ceroxylon quindiuense qui peut atteindre 60 m de hauteur.- Le plus gros fruit est celui du Lodoicea maldivica (le « coco-fesse ») des îles Seychelles, qui peut peser jusqu’à 20 kg et avoir 1 m de circonférence.- Les plus longues tiges appartiennent aux Rotins. Certaines espèces du genre calamus (Calamus manan) peuvent atteindre près de 200 m.

- Les graines les plus dures sont celles du Phytelephas macrocarpa de l’Equateur qui peuvent remplacer l’ivoire pour la fabrication des boules de billard.

Chez les palmiers, comme généralement chez les monocotylédones, le « tronc » –que l’on appelle un « stipe » pour la raison qui va suivre- n’a pas la structure des troncs d’arbres que l’on a l’habitude de voir : les cernes marquant les années de croissance n’existent pas ici. Un bourgeon terminal va, en poussant, construire ce stipe qui ne sera formé que de tissus primaires. Dès que le diamètre adulte est atteint, la croissance se fait en longueur sans augmentation de diamètre. C’est pour cela qu’il est impossible de préciser l’âge d’un palmier à la vue de la section de son « tronc » comme on le fait avec les arbres.


Les Palmiers de la Côte d’Azur

Les jardins de la Côte d’Azur offrent une vision splendide de spécimens de palmiers exceptionnels. On les trouve dans les jardins des grandes maisons de la fin du XIXème siècle. Beaucoup de ces grands domaines d’autrefois ont changé de vocation, par exemple la Villa Rothschild à Cannes qui est maintenant la bibliothèque municipale, où l’on peut visiter les jardins et voir une collection de palmiers assez remarquable parmi lesquels le rare Brahea dulcis. D’autres ont été restaurés, comme la Villa Maria Serena à Menton dont le jardin a été refait par la Ville de Menton et qui contribue de cette manière à préserver un patrimoine de grande valeur.

Vous pouvez aussi voir des superbes et parfois rares specimens dans les espaces verts des villes de la Côte d’Azur : Hyères-les-Palmiers, Cannes, Nice, Beaulieu-sur-Mer et surtout à Menton, San Remo, Bordighera.

Enfin, il faut visiter les jardins botaniques de France et d’Italie qui s’intéressent de plus en plus aux palmiers : Hyères, Nice, Antibes, San Remo, La Mortola (frontière Italienne),St-Jean-Cap-Ferrat.